Alexandra David Néel

Alexandra David-Neel
Sa vie par Michel Géhin
  Apres avoir parcouru plusieurs de ses livres, je me suis plongé dans les deux tomes de son journal de voyage, compilation des courriers envoyés à son époux lors de ses pérégrinations ».

C’est sa secrétaire, Marie-Madeleine PEYRONNET qui les publiera, avec l’autorisation d’Alexandra DAVID-NÉEL et en respectant scrupuleusement la pensée et les conceptions philosophiques de celle-ci. Ces lettres, adressées à Philippe NÉEL, époux et ami fidèle, pour qui Alexandra DAVID-NÉEL n’avait pas de secret, expriment ses joies, ses angoisses, et ses désespoirs, avec une spontanéité parfois dérangeante pour le lecteur.

Nous y découvrons une femme inclassable…

Fille d’un instituteur français, protestant et républicain, ami de Victor Hugo, et d’une mère belge catholique, d’ascendance asiatique et scandinave, elle voit le jour à SAINT MANDE, le 24 octobre 1868. Ignorée par par ses parents, elle vivra une enfance sans amour. Adolescente rebelle , douée d’une curiosité insatiable, farouchement individualiste, elle part découvrir le monde : elle fugue en Hollande, en Italie, en Grande Bretagne. Elle fréquente les milieux anarchistes, écrit des articles promouvant la femme « libre », et publie à 21 ans  son premier roman : « Pour la vie », un essai féministe qui s’ouvre avec cette phrase « L’obéissance, c’est la mort ». Elle milite surtout pour l’indépendance économique de la femme, idée parfaitement révolutionnaire en ce 20ème siècle balbutiant. Inscrite au conservatoire de chant de Bruxelles, elle obtient en1889 un prix de chant et de piano. Son but : utiliser l’argent de ses cachets artistiques pour voyager en toute indépendance.
Simultanément, elle suit des cours de sanskrit à la Sorbonne et au Collège de France, afin de connaître la langue du bouddhisme. C’est aussi en1889 qu’elle se convertit au bouddhisme, rejetant avec mépris les religions monothéistes.
Cela va lui permettre, dit-elle, de renouer avec ses origines sibériennes et de pratiquer une philosophie ou les êtres sont égaux, quel que soit leur sexe.Elle effectuera d’ailleurs son premier voyage en Inde en 1891, au cours duquel elle étudiera le bouddhisme hindou.
Puis elle entame une carrière de cantatrice sous le nom d’Alexandra MYRIAL, et devient 1ère chanteuse à l’Opéra de Hanoi, en Indochine !
Carrière qu’elle abandonnera à 36 ans, en 1904, pour épouser son amant Philippe NÉEL, ingénieur en chef des chemins de fer, en poste à Tunis, et qu’elle a rencontré quatre ans auparavant, lorsqu’elle était venue chanter à l’opéra de Tunis.
C’est un couple singulier : lui ne rêve que de la transformer en épouse bourgeoise, elle ne pense qu’à parcourir le monde. De plus, Philippe Neel aime les plaisirs de la vie ; elle ne pense qu’à la philosophie.
Ainsi, elle lui écrit : « Quand je te parle philosophie, tu me caresses les jambes ».
Elle tiendra quatre années. Quatre années de dépression.
Elle décide alors de reprendre sa liberté et ses études, mais sur le terrain, voulant se démarquer de ceux qu’elle appelle les « orientalistes de bureau ».

 

Tout est en place : c’est un esprit indépendant, une femme libre-pensante, cultivée et avide de connaissances, tenace, et surtout habitée par un profond désir de se libérer de la culture occidentale, qu’elle rejette pour sa superficialité et son mépris de la femme. 

En 1911, elle quitte Tunis pour un voyage de 18 mois qui durera finalement…14 ans. Durant son 1er voyage, elle parcourt le Tibet, le Népal, l’Inde, la Corée, le Japon. Elle enseigne le bouddhisme, devient en 1912 « Lamani » (femme lama) et rencontre le 13ème Dalaï-Lama (elle est la 1ère femme européenne reçue par un Dalaï-Lama).  Sa personnalité intrigue : aussi bien les Anglais, pour qui son extravagance dissimule des activités d’espionnage ; que les Indiens qui, eux, sont persuadés qu’elle est en réalité une missionnaire, venue en Inde pour évangéliser les Hindous. Elle fait peu cas de ces jugements. Ce qui occupe son esprit, c’est le Tibet et le lamaïsme. Le Tibet est alors sous tutelle anglaise et les autorités britanniques lui en refusent l’accès. Ce n’est qu’à sa sixième tentative, le 26 janvier 1925 qu’elle parviendra à Lhassa, capitale du Tibet et ville interdite, déguisée en mendiante, après un périple de 3000 km à pied, et en la seule compagnie de son disciple Yongden.

Alexandra avec son fils adoptif

De retour en Europe, son exploit la fait connaitre dans le monde entier. Elle donne alors des conférences sur le bouddhisme aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et en France, permettant ainsi aux occidentaux de découvrir cette religion, qui est aussi une philosophie. elle effectuera un second voyage, en Chine, de 1937 à1941.

Lors de ce second voyage, elle s’installe dans un premier temps à Pékin, puis décide de retourner au Tibet. La Chine est alors en plein chaos, du fait de la guerre civile, d’une part, et de l’invasion japonaise, d’autre part. La violence des combats l’oblige à rebrousser chemin et elle est évacuée par les américains en 1941, date de la mort de son époux.

Elle a 73 ans et décide de se consacrer à l’étude du bouddhisme à Dignes, où elle réside désormais. 

Infatigable voyageuse, elle préparera même, en 1969, à l’âge de 101 ans, un tour du monde en voiture 4 chevaux, qu’elle n’aura pas le temps de réaliser, puisqu’elle s’éteindra, la même année, dans sa maison de Dignes !

Que dire de cette femme à la personnalité à la fois fascinante et complexe?

Femme fascinante de curiosité, car son besoin de parcourir le monde est doublé d’une soif de connaissances jamais rassasiée : tout en explorant ces pays d’Asie, qu’elle décrit avec tant de poésie, elle cherche à en pénétrer les cultures pour mieux les comprendre, à en rencontrer les érudits…

Fascinante de sang-froid : lorsqu’elle affronte les bandits des hauts plateaux tibétains, ou lorsqu’elle sépare à coups de fouet deux de ses domestiques qui se battent au couteau, ou encore lorsqu’elle met fin à un affrontement entre lamas et soldats chinois.

Fascinante de détermination : rien ne l’arrête, ni la nature, ni les hommes. Elle traverse la Chine alors en pleine guerre, se glissant entre les belligérants, sous la mitraille et sous les bombes. Elle écrit : « J’ai pour principe de ne jamais accepter une défaite, de quelque nature qu’elle puisse être et qui que ce soit qui me l’inflige ».

Fascinante dans sa motivation. « Je suis prisonnière d’un rêve, d’une attraction de je ne sais quoi, ou plutôt si, je sais : des aspirations de toute ma vie et peut-être de nombreuses autres vies. Et tout ce que je puis dire, c’est que je souhaite achever mon voyage et écrire les livres auxquels je songe ».

Femme complexe dans sa perception des parents. Elle s’interroge : « Pourquoi a-t-on des parents ? Comme l’on serait heureux si l’on n’en avait pas ! ». Puis elle constate « Bien terrible chose que d’avoir des enfants, et terrible chose aussi, que d’être un enfant ! ».

Complexe dans sa relation à son époux, qu’elle appelle affectueusement « Mon Mouton ». Elle considère d’ailleurs l’ensemble de l’humanité comme un troupeau de moutons. Elle lui écrit : « Tout petit aimé, tu es ce que j’ai été, et ce que sont la plupart : un pauvre papillon affolé voletant autour d’une lampe, se brûlant les ailes à la flamme »…

Complexe dans sa perception de la vie.

« La “vie humaine”, comme tu l’appelles, c’est le trouble, l’anxiété, le perpétuel combat pour retenir des choses fugitives et mouvantes comme l’onde », écrit-elle.

Ou encore : « Ne sommes-nous pas tous, au fond, de grands enfants ? Chacun jouant un jeu et les plus sages, les plus avisés sachant que c’est un jeu ». 

Complexe dans sa perception du monde.

« Monde de femmes et d’hommes en route vers la mort, comme un troupeau d’inconscients, moutons en route vers l’abattoir… »

« C’est vrai, je regarde le monde avec des yeux froids, les yeux de ceux qui l’ont analysé, pesé et jugé ».  

 « Oh ! Combien fou serait-on de s’attacher à ce jeu d’ombres fuyantes, que l’on appelle le monde ».  

« Tu t’es agité et meurtri et tu n’as, pas plus que tes frères en illusion, réussi à saisir le fantôme du bonheur ». 

Voilà, résumée bien évidemment, une présentation de cette figure féminine extraordinaire du 20ÈME siècle.

Pour finir, et en espérant vous avoir donné envie de poursuivre votre découverte d’Alexandra DAVID-NÉEL, je vous recommande d’explorer sur Google les pages qui lui sont consacrées.

=> Vous y trouverez notamment plusieurs documentaires et un film.

=> Enfin, pour les passionnés de bouddhisme, vous pouvez lire, deux des ouvrages de cet auteure :

  • « Le Bouddhisme du Bouddha : ses doctrines et ses méthodes ».
  • « Astarvakra Gita. Discours sur le Védanta advaïta ».
  • youtube: cliquez  sur –>  Alexandra

 

Cercle de lecture Programmation

PROGRAMMATION 2e TRIMESTRE 2020

– 21 de abril : “ L’affaire Cambridge Analítica” de Brittany Kaiser, présenté par Michel GEHIN

– 19 de mayo : “ El relojero de la Puerta del Sol” d’Emilio Lara, présenté par Isabelle BETTON
– 16 de junio : « 21 leçons pour le 21e siècle” DE Hariri,  présenté par Prisca VANNIER.

 

Cercle de lecture

Mardi 17 mars à 19h00

 

Alexandra David-Néel en Lama
Alexandra David-Néel

à la Bibliothèque municipale d’Arroyo de la Miel, Benalmadena, à 19h00, la présentation par Michel Géhin, d’ Alexandra David-Néel, écrivaine, orientaliste et exploratrice. Née à Paris en 1868, décédée à Digne-les-Bains en 1969.

Cette longue vie a été consacrée à l’exploration et à l’étude ethnique, philosophique et religieuse.

Fascinée par l’extrême orient, elle effectue plusieurs voyages en Chine, au Tibet, au Japon, en Asie Centrale (Gobi, Mongolie). Elle pénètre une première fois en Tibet déguisée en mendiante. Son second voyage au Tibet, convertie au Bouddhisme, elle devient Lama. Vénérée par les populations locales comme une sainte, elle voyage vêtue de la robe traditionnelle.

Mais ne déflorons pas le sujet: ce personnage excentrique et attachant mérite une plus longue présentation.

M.Géhin

Rencontre avec le petit fils de Maurice Colliex

Maurice Colliex

Lors de notre réunion mensuelle du 18 février 2020, notre ami Jacques Daireaux a présenté son aïeul Maurice COLLIEX, pionnier de l’aviation injustement méconnu.

 
Pendant 1H30, Jacques nous a fait revivre cette époque extraordinaire qu’à été le début de l’aéronautique. Maurice COLLIEX, ingénieur en chaudronnerie à tout d’abord construit des « Aéroplanes » en bambou recouvert de toile, puis, avec les frères VOISIN, de véritables avions à structure métallique. Acteur discret, Maurice COLLIEX a activement participé aux premières expérimentations en tant que Pilote d’essais, Instructeur, concepteur d’Hydravion, premier pilote de l’Aéronavale.
 
Jacques Daireaux a sû redonner à son Grand-Père la place qu’il méritait parmi les «  Fous Volants ». 
Merci pour ce moment de rêve et d’évasion.
 
Michel GEHIN

Maurice COLLIEX profession: AVIATEUR

MAURICE COLLIEX
Mardi, 18 février 2020, à 19h00 , à la bibliothèque  municipale d’Arroyo de la Miel, Benalmádena.
Jacques DAIRAUX présentera l’aviateur, ou plutôt un des pionniers de l’aviation, son aïeul  Maurice COLLIEX qui imagina et construisit un des premiers « aéroplanes ». Il expérimenta les premiers hydroglisseurs et créa la première école de pilotage en FRANCE.

Il est le fils aîné d’une fratrie de 3 garçons et une fille. De constitution solide, il commence très tôt à pratiquer différents sports tel que l’alpinisme, le rugby, la natation, la plongée et l’athlétisme. Il dira plus tard que cette résistance physique lui aura beaucoup servi dans sa carrière de pilote. Sa passion pour la montagne, durant ses vacances dans les Alpes, lui permit d’acquérir le goût de l’altitude et lui permit surtout d’observer le vol des aigles. Ainsi est né son intérêt pour l’aviation. Un élément supplémentaire renforça cette passion, sa rencontre avec Pompéien Piraud, chirurgien-dentiste de son état. Cet homme avait une passion : l’Ornithoptère, appareil à aile battante, issu de l’observation du vol des oiseaux. Pompéien Piraud était persuadé que la solution du plus lourd que l’air était là. Sa salle d’attente transformée en bibliothèque regorgeait de livres traitant de ce sujet. Maurice Colliex y passa des heures entières en lectures passionnantes. Sa vocation aérienne était née.

Les circonstances de la vie lui permirent de rencontrer, sur les bancs du lycée, un homme qui deviendra une figure marquante de l’aventure aéronautique : Gabriel Voisin.

À 16 ans, Maurice Colliex commença à faire du planeur dans les montagnes du Bugey à bord d’appareils construits, de ses propres mains, avec des draps de lit et des cannes à pêche.

En 1901, il passe sa licence ès-sciences et continue à étudier et à analyser scientifiquement les travaux de Louis Mouillard, d’Otto Lilienthal, de Samuel Pierpont Langley et de Octave Chanute.

 

source wikipedia

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