• 00 34 952 372 885
  • info@ufeandalousie.org

Cercle de lecture deuxième partie: Homo Sapien

Cercle de lecture deuxième partie: Homo Sapien

 

 

Homo Sapien de Yuval Noah Yarari

H O M O D E U S

 

J’ai été attiré par ce livre suite au titre tapageur de l’hebdomadaire « Le Point » n° 2347 en date du 31 Aout 2017 « l’Auteur de « SAPIENS » « prophétise » l’Homme Dieu » : Immortalité, intelligence artificielle, bio humanisme ».

Assimilé par épisode car le bouquin est particulièrement indigeste : digressions, répétitions, plan annoncé pas respecté, entre autres.
L’auteur, YAVAL NOHA HARARI, professeur d’histoire militaire médiévale, nous décrit la formidable révolution qui va transformer notre monde.
Axiome de base : nos sentiments, nos émotions, nos désirs ne sont que des algorithmes biochimiques ou bioélectrique manipulables. Cette manipulation associée aux nouvelles technologies et à la bio-ingénierie fera de nous des immortels heureux.

Cependant HARARI nous prévient, le prix à payer sera élevé :
Intelligence humaine probablement supplantée par l’intelligence artificielle de plus en plus performante.
Les « BIG DATAS » qui collecte des informations sur nos vies et habitudes via les objets connectés qui nous entourent au point de représenter des dangers irréversibles pour nos libertés et nous transformer en super consommateurs.
Une société inégalitaire inimaginable même pour les adeptes de Marx.
. Une minorité immensément riche propriétaire des logiciels.
. Quelques créateurs de logiciels alimentant la richesse de la minorité.
. Une masse inoccupée dont on ne saura que faire et pour qui il va falloir inventer un nouvel art de vivre (ou plutôt une manière de meubler le temps).

Pour HARARI, le combat que les « bio-conservateurs » voudraient mener est perdu d’avance.
L’auteur ne se veut pas prophète mais plutôt lanceur d’alerte. Pas très rassurant tout cela, surtout que nous avons à peu près 95% de chance d‘intégrer « volens nolens » la masse des humains inutiles et finalement encombrants.

A mon sens, l’ouvrage de « l’essayiste le plus influent de la planète » doit être considéré comme un avertissement.
A nous d’entrer dans les détails par des recherches personnelles :
Sur la société :
. Disparition de la cellule familiale.
. Perte de la liberté individuelle.
. Pertes d’empl

Après ce tour d’horizon plutôt pessimiste je ne peux que vous conseiller l’ouvrage de Monique Atlan et Roger Pol Droit « HUMAIN, une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies » aux éditions Champs-Essai (2014). Ouvrage très fouillé mais écrit en français, ce qui lui a fermé les portes des gourous de la Silicon Valley malgré la pertinence des travaux effectués par les auteurs.

Quoi qu’il en soit gardons la tête froide face aux experts pseudo scientifiques :

« La science a des droits qu’il faut refuser à la crédulité. En effet, si certain rêves commencent à devenir réalité et même si les chercheurs reculent les limites de l’impossible, ils se heurteront toujours aux lois fondamentales de la science ». Citation de Gérard Bronner.
« Faut-il être vraiment intelligent ? Nous pouvons refuser que l’intelligence devienne l’unique pierre de touche de notre société et essayer de rendre les gens intelligents plus humains ». Citation de Laetitia Strauch-Bonart.
Même si l’intelligence artificielle supplante un jour l’intelligence humaine dans les sciences, la Littérature et les Arts, nous sommes les seuls êtres parlant un langage articulé inventif et formulant une éthique.
Lors de l’entretien Robert Reeves-Harari le 14/09/17 Robert Reeves met en exergue « l’importance du putain de facteur humain » car « la question reste de savoir ce que l’on fait d’une découverte » avant d’ajouter « la réalité a plus d’imagination que nous ».
Pour le biologiste Didier Raoult, nous devons cesser de nous faire peur :
. Les prédictions épidémiques, démographiques ou climatiques, catastrophiques sont à considérer avec circonscription car « aucun de ces modèles n’a jamais réussi à décrire ce qui s’est réellement passé par la suite… Les prophètes de malheur utilisent des projections scientifiques basées sur l’hypothèse que les choses vont continuer à se dérouler de la même manière que par le passé. Elles ne prennent pas en compte l’idée d’imprévu. Or, dès qu’il s’agit de phénomènes complexes qui s’étalent sur de longues durées, rien n’est figé, rien n’est définitif.

Ce texte sera l’objet du prochain Cercle de Lecture en date du 17 Avril 2017

Pour ceux qui veulent aller plus loin, lire « La chute de l’Empire Humain » par Charles Edouard Bouee aux Editions Grasset.

« La guerre des intelligences. Intelligence Artificielle versus Intelligence Humaine » par Laurent Alexandre aux éditions J.C Lattès

« Le présent du passé au cube » par Yves Coppens aux éditions Odile Jacob.

« Zéro K » par Don Delillo aux éditions Acte Sud.

« Monstres 2.O-L’autre visage des réseaux sociaux par Pauline Escande-Gauquie et Bertrand Naivin aux éditions François Bourin.

« Arrêtons d’avoir peur » par Didier Raoult aux éditions Michel Lafon.

Michel GEHIN

en savoir plus…

Vegan et bouddhiste

Yuval Noah Harari, né en Israël en 1976, universitaire spécialisé dans l’histoire militaire du Moyen Âge, diplômé d’Oxford, donne des cours de World History à l’université hébraïque de Jérusalem. Il a diffusé ses cours sur internet sous forme de MOOC puis les a transformés en livres. La séduction qu’il exerce tient sans doute à son style convivial de professeur charismatique qui veut pousser ses élèves à remettre en question leurs idées toutes faites pour montrer que leurs croyances et leurs valeurs sont fragiles.

Végétalien – une grosse centaine de pages d’Homo Deus est consacrée aux souffrances que Sapiens fait subir aux autres animaux – Harari vit dans une communauté agricole coopérative près de Jérusalem. Il est aussi adepte de la méditation bouddhiste, tendance Vipassana. Homo Deus est d’ailleurs dédié à son maître S.N Goenka.

Les droits de l’homme, une invention

Des personnalités mondialement admirées, comme Bill Gates et Mark Zuckerberg, ont chaleureusement recommandé Homo Sapiens. Barack Obama a dit qu’il avait adoré cette «histoire de l’humanité vue du ciel», curieuse expression pour qualifier une vision réductionniste de l’homme. On se demande si l’ancien président américain a lu les pages 136 et 137 dans lesquelles Harari décortique le fameux passage de la Déclaration d’indépendance des États-Unis qui dit que tous les hommes sont créés égaux, doués de droits inaliénables parmi lesquels la vie, la liberté, la recherche du bonheur. «Ces principes universels, affirme Harari, n’existent nulle part ailleurs que dans l’imagination fertile des Sapiens et dans les mythes qu’ils inventent et se racontent. Ces principes n’ont aucune validité objective.» Harari écrit également, et pour lui cela ne semble pas souffrir discussion, que «la liberté est une invention des hommes qui n’existe que dans leur imagination». Il entreprend alors une étrange traduction «en langage biologique» de la Déclaration d’indépendance.

Quant à l’âme dont il est plus longuement question dans Homo Deus, elle n’existe pas non plus, explique-t-il, puisque les chercheurs qui ont scruté tous les recoins du cœur et du cerveau humain ne l’ont jamais découverte.

En France, Homo Sapiens n’avait pas fait l’objet d’un grand lancement médiatique. Il s’est transmis de bouche-à-oreille et… d’homme à homme. Phénomène singulier, il a été lu principalement par des hommes de catégories socioprofessionnelles supérieures qui le recommandaient à leurs amis, comme les lectrices le font habituellement avec leurs romans préférés.

Qui trop embrasse sème la confusion

Pourtant la plupart des lecteurs d’Homo sapiens, lorsqu’on leur demande ce qu’ils en ont pensé et quel est le propos de l’auteur, ont du mal à répondre. Ils plissent le front. En effet, en le lisant, on se demande où Harari veut en venir. On sent qu’il veut en venir quelque part, mais qu’il entretient un certain flou, ou peut-être qu’il n’arrive pas à dissiper le flou de sa propre pensée. Il est indéniablement plus à l’aise dans les passages narratifs que dans lorsqu’il entreprend de philosopher.

Ses lecteurs ont apprécié le foisonnement de connaissances déployées. Il est vrai qu’on peut picorer dans ces livres une multitude d’études chiffrées et d’anecdotes historiques intéressantes. Mais dans certains domaines, ces connaissances sont sujettes à caution, parfois erronées à force d’être schématiques ou partielles, au point qu’on se demande si elles sont de première main ou s’il répète ce qu’il a lu dans les livres répertoriés dans la bibliographie. Une bibliographie où ne figurent que des ouvrages et des articles contemporains. La culture classique de Harari, en littérature et en philosophie, sans parler de la théologie, semble très succincte.

Harari a un réel talent pour vulgariser, faire réfléchir en faisant marcher l’imagination de son lecteur. À cet égard, il serait certainement un bon auteur de romans dans lesquels il pourrait laisser s’exprimer les contradictions et les angoisses légitimes qui l’habitent.

Mais en refermant Homo Sapiens et Homo Deus qui brassent des milliers de siècles, d’histoires, de sujets, d’idées et de supputations, on est assommé comme si on sortait d’un chaos. À la toute dernière page, Harari semble dire qu’il a eu lui-même cette impression: «Élargir nos horizons peut se retourner contre nous en semant la confusion et en nous rendant plus passifs qu’avant.» Étrange.

Isvebe

Laissez votre message

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Aller à la barre d’outils